Un jour, je suis allée voir un garçon. Il était seul dans la cour. Sur un banc. Je me suis approchée de lui. Il était tout seul, malheureux? Aimant la solltude? Je n'aurais jamais les réponses à ces questions. C'est alors que je m'approchai de lui, et m'assis près de lui. Je lui demandai:
"C'est toi qui as mis le mot dans ma trousse?"
Le garçon me regarda. Mon coeur fit un bond. Il était brun, avec des yeux chataîgnes qui pétillaient de malice. Il était de taille moyenne. Jamais je n'avais vu quelqu'un d'aussi beau. Il me répondit, sans même lever les yeux:
"Non."
Un mot. Unique. Qui me transperça le coeur. Me l'arracha. Là où se trouvait ma vie, mon amour et mon être, là où toute ma personnalité était cachée, le seul endroit où je pouvais être en paix... Parti, envolé. A la place, un gouffre noir. Un gouffre noir aux couleurs de mort. Je fermai les yeux. Un instant. Essayant de retenir les larmes qui menaçaient de m'emporter, comme l'océan emporte la brindille qui ose lui faire face. Je lui parlai, d'une voix tremblante:
"-Si je t'aimais, serais-tu le plus heureux des hommes de la Terre?
-Non.
-Si mes lèvres se posaient sur les tiennes, brulerais-tu d'un feu intense?
-Non.
-Si ma vie était entre tes mains, serais-tu prêt à me sauver?
-Non.
-Si je partais pour toujours, serais-tu malheureux?
-Non."
Des mots. Encore. De vulgaires mots, parmi lesquels le mot le plus simple à prononcer, le plus facile à dire. Non. Je me détournai. Partir. Loin. Mourir. Pour toujours. Laisser le désespoir envahir mon être. Je me détournai.
"-Alors, nous n'avons plus rien à nous dire.
-Non.
Je serrai les dents. Encore ce mot. Qui me blessa encore plus qu'une flèche. Ma vie venait de partir. Prise par le gouffre qu'avaient ouvertes ses -ces!- paroles en moi. Je marchai, lentement. Je sentis une larme couler. Je fermai les yeux pour qu'elle soit unique. Unique. Comme l'amour que je venais de perdre. Un bras me bloqua. Je me retournai. C'était le garçon de tout à l'heure. Il commença, et ses mots balayèrent mon désespoir comme on balaie une vulgaire poussière sur le sol.
"-Si tu m'aimais, je ne serais pas l'homme le plus heureux de la Terre, mais le plus heureux de l'Univers.
Si tes lèvres rencontraient les miennes, je ne brûlerais pas d'un feu intense, mais d'un braiser infini, que toute l'eau du monde ne pourrait abreuver.
Si ta vie était entre mes mains, je ne serais pas prêt à te sauver, mais je donnerais ma vie pour sauver la tienne.
Un silence.
Une brise.
Une bulle.
Qui éclata.
-Si tu partais pour toujours, je ne serais pas malheureux. Je ne serais plus."
Dans la voûte céleste, un arc-en-ciel éclata. Un arc-en-ciel unique. Aux couleurs vives, qu'on voit mieux que toutes les autres sans les voir. Unique. Comme le moment qui illumina un garçon et une fille, là-bas, assis sur un banc. Enlacés.
Heureux.
Je t'aime.
C'est un mot simple à faire vivre,
un mot simple à écrire.
Mais pourquoi est-ce donc si dur de le dire?
"C'est toi qui as mis le mot dans ma trousse?"
Le garçon me regarda. Mon coeur fit un bond. Il était brun, avec des yeux chataîgnes qui pétillaient de malice. Il était de taille moyenne. Jamais je n'avais vu quelqu'un d'aussi beau. Il me répondit, sans même lever les yeux:
"Non."
Un mot. Unique. Qui me transperça le coeur. Me l'arracha. Là où se trouvait ma vie, mon amour et mon être, là où toute ma personnalité était cachée, le seul endroit où je pouvais être en paix... Parti, envolé. A la place, un gouffre noir. Un gouffre noir aux couleurs de mort. Je fermai les yeux. Un instant. Essayant de retenir les larmes qui menaçaient de m'emporter, comme l'océan emporte la brindille qui ose lui faire face. Je lui parlai, d'une voix tremblante:
"-Si je t'aimais, serais-tu le plus heureux des hommes de la Terre?
-Non.
-Si mes lèvres se posaient sur les tiennes, brulerais-tu d'un feu intense?
-Non.
-Si ma vie était entre tes mains, serais-tu prêt à me sauver?
-Non.
-Si je partais pour toujours, serais-tu malheureux?
-Non."
Des mots. Encore. De vulgaires mots, parmi lesquels le mot le plus simple à prononcer, le plus facile à dire. Non. Je me détournai. Partir. Loin. Mourir. Pour toujours. Laisser le désespoir envahir mon être. Je me détournai.
"-Alors, nous n'avons plus rien à nous dire.
-Non.
Je serrai les dents. Encore ce mot. Qui me blessa encore plus qu'une flèche. Ma vie venait de partir. Prise par le gouffre qu'avaient ouvertes ses -ces!- paroles en moi. Je marchai, lentement. Je sentis une larme couler. Je fermai les yeux pour qu'elle soit unique. Unique. Comme l'amour que je venais de perdre. Un bras me bloqua. Je me retournai. C'était le garçon de tout à l'heure. Il commença, et ses mots balayèrent mon désespoir comme on balaie une vulgaire poussière sur le sol.
"-Si tu m'aimais, je ne serais pas l'homme le plus heureux de la Terre, mais le plus heureux de l'Univers.
Si tes lèvres rencontraient les miennes, je ne brûlerais pas d'un feu intense, mais d'un braiser infini, que toute l'eau du monde ne pourrait abreuver.
Si ta vie était entre mes mains, je ne serais pas prêt à te sauver, mais je donnerais ma vie pour sauver la tienne.
Un silence.
Une brise.
Une bulle.
Qui éclata.
-Si tu partais pour toujours, je ne serais pas malheureux. Je ne serais plus."
Dans la voûte céleste, un arc-en-ciel éclata. Un arc-en-ciel unique. Aux couleurs vives, qu'on voit mieux que toutes les autres sans les voir. Unique. Comme le moment qui illumina un garçon et une fille, là-bas, assis sur un banc. Enlacés.
Heureux.
Je t'aime.
C'est un mot simple à faire vivre,
un mot simple à écrire.
Mais pourquoi est-ce donc si dur de le dire?
capri